Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 17:06

Bien que progressivement enjolivée par la légende, l'existence terrestre de celui qui devait devenir le Bouddha et répandre en Inde un enseignement toujours actuel, est connue dans ses traits essentiels.

Bouddha naquit à Kapilavastu, où régnait son père, chef de la tribu des Shâkya du clan de Gautama. Son prénom était Siddhârta «But atteint», mais on l'appela par la suite Shâkyamuni, le « Sage des Shâkya ». Sa jeunesse fut celle d'un prince comblé; à seize ans, il épousa Yasodhara, qui lui donna un fils, Rahula. Mais, tourmenté par le mystère d'une existence vouée à la maladie, à la vieillesse et à la mort, Siddhârta décida de partir à la recherche de la vérité et, à vingt-neuf ans (537), quitta en cachette son palais pour mener la vie d'un religieux errant.


La quête du Bouddha


Ayant suivi, sans obtenir le résultat espéré, les enseignements de deux maîtres du yoga, il résolut d'entreprendre sa propre quête à Uruvilva, en compagnie de cinq errants venus se joindre à lui. Pendant six ans, il se soumit à l'ascèse et aux exercices les plus rigoureux qui mirent sa vie en danger. Près de mourir, sans être parvenu à ses fins, il renonça aux mortifications. Scandalisés, ses compagnons le quittèrent.

Demeuré seul, Sâkyamuni s'assit en posture de lotus, sous un figuier sacré, à Bodh-Gayâ, et se concentra sur le mystère de la mort et de la renaissance dans le monde illusoire des apparences. Au cours d'une nuit , toutes ses précédentes existences lui revinrent en mémoire et le secret des naissances et des morts lui fut révélé: il comprit alors que, ayant rompu avec les aveuglements et les passions, il était définitivement libéré du cycle des renaissances. Sâkyamuni avait atteint l'Éveil suprême et parfait (bodhi en sanskrit), devenant ainsi un bouddha, un « Éveillé »

L'exposé de la doctrine

Après avoir douté que la vérité pût être transmise à d'autres hommes, le Bouddha rejoignit, dans le parc des Gazelles à Sarnath, près de Bénarès, ses cinq anciens compagnons. Il prononça devant eux le sermon de la «Roue du Dharma » (Loi universelle), où furent exposées pour la première fois les « Quatre Nobles Vérités », puis le Bouddha proclama le néant du moi, l'impersonnalité de tous les phénomènes. Il inaugurait ainsi un ministère public qui dura quarante-cinq ans (531-486 av. J.-C.). II parcouru alors le bassin du Gange, prêchant sa doctrine à tous, hommes et femmes, sans faire de distinctions de caste ou de sexe, réfutant ses adversaires, et suscitant des vocations pour lesquelles il créa un nouvel ordre de moines mendiants (Bhiksus).

Épuisé par l'âge et la fatigue, Sâkyamuni s'arrêta dans les bois d'Upavarta, près de Kushinagara. Là, couché entre deux arbres, il eut une longue série d'extases, avant de « s'éteindre, telle une flamme à qui manque l'huile», dans le pari nirvâna.

Pour les bouddhistes, le parcours terrestre du Bouddha ne prend son sens que dans le contexte karmique des vies antérieures. À sa naissance, Sâkyamuni n'était encore qu'un futur bouddha, un bodhisattva, cela à la suite d'une lente progression à travers une multiplicité d'existences. D'autre part, bouddha est pour eux un terme générique: il a existé d'autres bouddhas avant le Bouddha historique, et il en viendra d'autres encore pour ranimer le Dharma et secourir les hommes.

L’enseignement de Bouddha Sâkyamuni n'a laissé aucun écrit. Nous ne connaissons sa doctrine que par des textes très postérieurs, mais ceux-ci ne firent que consigner une longue tradition orale. Le Tripitaka, premier canon en langue pâli, aurait été établi par le III° concile de Pataliputra (245 av. J.-C.). Par la suite, le bouddhisme donna naissance à une littérature foisonnante qui témoigne d'un constant renouvellement et d'un approfondissement de la doctrine.

A l'origine, celle-ci se présente comme un remède et une solution au problème de la douleur, fondés sur un diagnostic de la condition humaine, et se résume dans l'énoncé des «Quatre Nobles Vérités ».

La « Vérité de la souffrance» :

Tout est souffrance, malaise (duhkha), la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort, l'union avec ce que l'on déteste, la séparation d'avec ce que l'on aime, la non-obtention de ce que l'on désire -, car rien ne dure et les êtres sont soumis à une transmigration sans fin en fonction de leurs actes antérieurs (karma). •

La « Vérité sur l'origine de la souffrance» :

L'existence est le produit du désir qui entraîne l'ignorance et agit à travers la « production conditionnée » en douze étapes, partant de l'aveuglement, producteur de formations karmiques, lesquelles engendrent la soif de sensations et par conséquent l'attachement à la vie, qui conduira à une renaissance et donc à de nouvelles souffrances, à une nouvelle mort. •

La «Vérité sur la cessation de la souffrance»:

Celle-ci ne peut être vaincue que par le total épuisement de la soif existentielle, qui conduit à l'extinction définitive, le nirvâna, fusion avec l'ordre cosmique, indicible béatitude éternelle. 

La « Vérité sur la voie qui mène à la cessation de la souffrance»:

C'est à dire l'« octuple sentier » : foi pure, volonté, langage, action, moyens d'existence, application, mémoire et méditation pures, qui se ramènent en fait à trois éléments fondamentaux - la moralité (sila), la concentration (Samâdhi), obtenue par la pratique assidue de la méditation et qui permet à l'esprit devenu clair et lucide de transcender les passions et d'atteindre la sagesse (prajna), toute compréhensive, qui est parfaite sérénité et finalement nirvâna.

Si l'enseignement fondamental du Bouddha n'a pas subi d'altérations majeures depuis plus de deux mille cinq cents ans, il a donné naissance, au cours des siècles et au fur et à mesure de son expansion dans tout le continent asiatique, à une multitude d'écoles, reflétant son adaptabilité aux mentalités les plus diverses.

Par lobsang sonam - Publié dans : Histoire du bouddhisme - Communauté : bouddhisme tibetain
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 17:00

Voix Bouddhistes – France 2 - Emission du 31 décembre 2000

 

 

Introduction : Le bouddhisme prône depuis toujours l’égalité entre les sexes. C’est également une réalité que l’on retrouve dans les autres religions notamment lorsque l’on situe l’être humain au plan de la transcendance et de la mystique. Dans cette tradition, nous possédons donc tous hommes et femmes, les mêmes possibilités et les mêmes potentialités pour réaliser l’éveil, c’est-à-dire notre nature fondamentale, c’est ainsi que dans le bouddhisme tibétain nous trouvons de grands maîtres femmes. Nous parlerons donc de la femme dans le bouddhisme et dans la spiritualité en général avec nos deux invitées.

 

Invitées : Isé Masquelier – historienne des religions chargée de cours à Paris-Sorbonne et professeur à l’Institut Catholique de Paris. Elle a dirigé avec Frédéric Lenoir l’Encyclopédie des Religions parue en 1997.

 

Jean Paira-Pemberton – Maître de conférence à l’université de Strasbourg pendant une quarantaine d’années,  enseignante en anglais et linguistique, psychologue. Jean Paira suit les enseignements tibétains du centre Sakya de Strasbourg.

 

VB – Quelle a été votre rencontre avec le bouddhisme ?

 

Jean Paira-Pemberton – Cette rencontre provient d’un drame personnel mais qui est tout à fait banal dans la réalité. Il se trouve qu’à l’âge de 17 ans mon fils est mort en montagne et l’un de ses compagnons, celui qui a découvert le corps de mon fils, est lui-même décédé peu de temps après, en Himalaya .Quelque temps auparavant nous étions allés mon fils et moi-même, tous les deux, à une conférence que donnait le Dalaï-Lama lors d’une visite qu’il effectuait à Strasbourg. J’avais trouvé à ce moment,  dans le comportement de mon fils des points de ressemblance avec ce que représentait ce tibétain que je voyais pour la première fois. C’était peut-être dû justement aux exigences de la montagne…une forme de patience, de prise en compte de l’entourage, du courage, une sorte de passion et de regard autour de soi.


Cela m’avait très impressionnée et  m’a conduit au centre Sakya près de chez moi afin de voir d’un peu plus près ce à quoi cela tenait. Il y avait très certainement une démarche intérieure également. Je pensais souvent à la phrase de Pascal qui dit : Face à la mort, la réponse des hommes est le divertissement. Je cherchais effectivement un divertissement mais un divertissement sérieux.


J’ai découvert alors que l’on ne me posait pas de question, que l’on n’essayait pas de me consoler (d’ailleurs je ne le voulais pas) et qu’en même temps, on acceptait la chose. Ce que je cherchais, c’était une réponse, accepter l’inacceptable, et c’est autour de cette question que s’est organisée ma rencontre avec le bouddhisme.

 

VB – Comment pouvons-nous dire fondamentalement qu’il n’existe pas de différences entre un homme et une femme à partir du moment où l’on situe l’être au niveau de la transcendance et de la pratique et que l’on arrive à un certain cheminement religieux ou spirituel.

 

Isé Masquelier – Je crois qu’il n’y a pas de différence du point de vue de l’essentiel mais je pense que les psychologies sont différentes dans la manière dont les hommes d’une part et les femmes de l’autre abordent la spiritualité. Ces manières sont différentes. On voit dans la biographie des mystiques, des différences de sensibilité au niveau du vécu. Une première chose serait de dire que les hommes et les femmes sont égaux même s’ils sont différents en essence. Et les religions quand elles ont été liées à des cultures et parce qu’elles se sont développées dans des milieux où la femme a vécu « être » et a continué « d’être » infériorité, se mettent à insister plus aujourd’hui sur cette égalité de fond, de droit, d’essence. Néanmoins elles ont encore du chemin à parcourir.

 

En ce qui concerne les spiritualités, elles sont plus détachées du contexte culturel, ou alors elles l’ont volontiers critiquées. Il y a beaucoup de spirituels qui ont dit : mais enfin, les femmes tout comme les hommes ont accès à la spiritualité. C’est en fait dans ce domaine de la spiritualité que nous trouvons une véritable égalité.


Si on prend l’occident, il y a eu de très grandes mystiques qui ont été reconnues par leurs milieux et qui ont fait fonction de maître spirituel. Dès leur époque, elles ont été tout à fait admises comme étant des grandes mystiques. Thérèse d’Avila par exemple.

 

VB – Il est question d’une certaine ascèse. Quel est votre point de vue en tant que pratiquante bouddhiste ?

 

Jean Paira-Pemberton – Cela rejoint ma pratique de la psychologie. Je pense que dans la psychologie, on cherche à dire vrai, à se débarrasser d’autant d’illusions que possible. D’une certaine façon on peut dire ainsi que dans la vie, on va de deuil en deuil. On est obligé à chaque étape de la vie de renoncer à quelque chose de l’étape précédente pour pouvoir passer à autre chose. Je pense que dans les deux cas, le fait d’être une femme a peu d’importance. Le Dharma est pareil pour tout le monde.

 

VB – Ceci dit, le cheminement  peut être particulier pour une femme à travers l’amour, la compassion.

Isé Masquelier – Quand on regarde les biographies au niveau du vécu, notamment de ceux et de celles qui ont témoigné de leur expérience spirituelle, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de différences fondamentales. Les différences se trouvent plus dans la symbolique. Les qualités féminines sur le plan spirituel, c’est l’ ouverture, c’est la facilité, c’est le lâcher-prise, à laisser se faire les choses qui doivent être et ne pas intervenir par l’activisme qui serait plutôt du masculin occidental. Ne pas laisser l’activisme interrompre le cours des choses.

 

VB – A propos de la compassion, le Bouddha dit souvent que la mère pour son petit enfant a un sentiment naturel de compassion. Il est plus facile pour elle de le développer et de comprendre ce que ce sentiment signifie.

 

Jean Paria-Pemberton – Ce que l’on peut dire, c’est qu’une mère qui a de jeunes enfants se trouve devant des exigences, des demandes incontournables. Il faut s’occuper de ce « petit autre » qu’est le bébé, puis l’enfant, et effectivement cela peut se généraliser en un sentiment de compassion, mais l’inverse peut également se produire car devant ces exigences incontournables, bien des femmes peuvent se braquer et l’inverse donc se produit.  Toute mère n’est pas par nature la mère suffisamment bonne. Je crois.

 

Isé Masquelier – Les conditions mêmes de l’existence humaine, les conditions biologiques  et aussi les rôles sociaux peuvent être des préparations, des propédeutiques, des approches de vertus  qui seront arbitres sur le plan spirituel. Je rejoins ce que disait Jean Paira, ce n’est pas parce qu’une mère éprouve quelque chose de la maternité qu’elle va naturellement développer une spiritualité avec une dimension de compassion, d’amour, de service désintéressé pour la vie d’un autre.

 

VB – Traditionnellement, les rôles dévolus à l’homme et à la femme se trouvaient transposés aussi sur le plan religieux et spirituel, sous l’aspect de vertus qui étaient plus féminines ou plus masculines.

 

Isé Masquelier – Le bouleversement actuel dont on pourrait donner mille exemples des rôles qui étaient distribués d’une certaine manière entre l’homme et la femme et qui le sont maintenant d’une manière totalement différente, va influer aussi sur la spiritualité peut-être dans un sens très  positif. Avec d’une part les rôles sociaux, socio-économiques, socio-politiques, mais que d’autre part, il y a une dimension universelle de spiritualité dans laquelle on s’apercevra que les hommes et femmes sont égaux même s’ils sont différents. On s’en apercevra vraiment. Actuellement, ce n’est pas encore une réalité ancrée dans toutes les cultures religieuses.

 

Jean Paira-Pemberton – En conclusion je dirais  que ce que le bouddhisme peut apporter aux femmes dans leur vie morcelée par diverses fonctions, le travail, les enfants, et c’est souvent le cas,  c’est une façon de convertir ce morcellement de vie vers quelque chose de plus construit, qui est de l’ordre de la pratique.

 

 

 

Par lobsang sonam - Publié dans : Philosophie Tibétaine - Communauté : bouddhisme tibetain
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 21:22

 

 

 

Ni religion ni philosophie, l'enseignement du Bouddha Sâkyamuni offre un remède au «mal-être» (duhkha) des hommes. C’est une méthode de délivrance accessible à tous II entend guider chacun vers la compréhension de la Réalité ultime.

 

Bien que le bouddhisme ne soit pas animé d'un esprit de propagande, ses moines errants avaient reçu comme instruction du Bouddha lui-même :

 

«Allez, ô moines ! Et voyagez pour le bien et le bonheur d'autrui, par compassion pour le monde, pour le bien-être des dieux et des hommes... Enseignez la Doctrine... proclamez la vie sainte et pure. II existe des êtres, naturellement sans passions, qui languissent de n'avoir pas entendu la Doctrine ; ceux-là la comprendront.» Une méthode de délivrance accessible à tous

 

Pourtant, aussitôt après son Éveil, le Bouddha avait douté de la possibilité d'enseigner la Doctrine :

 

«II me vint à l'esprit: le Dharma que j'ai découvert est profond, difficile à comprendre, au-delà du raisonnement, subtil, accessible seulement aux sages. L'humanité qui vit dans l'agitation du monde, est emportée dans cette agitation et s'y complaît. »

 

Cependant, l'enseignement qu'il prodigua pendant quarante-cinq ans dans le bassin du Gange, s'adressant à tous, sans distinction de caste ni de sexe, séduisit des foules entières, grâce à sa tolérance, à son ouverture et à l'affirmation maintes fois répétée que rien ne pouvait prévaloir sur l'expérience personnelle. Outre les dix grands disciples, son entourage immédiat, le Bouddha eut des centaines et probablement des milliers de disciples, appartenant à toutes les catégories sociales, des rois aux prostituées.

 

Après sa mort, ses disciples, réunis à Râjagriha (477 av. J.-C.), entreprirent de codifier l'enseignement reçu:

 

les sutras, paroles du Bouddha. Le «Sutra Pitaka» rassemble tous les sutras ou sermons prononcés par le Bouddha, autrement dit l'enseignement fondamental.

 

 

le vinaya, règle monastique. Le «Vinaya Pitaka» contient les règles de la discipline (vinaya) qui régit la vie des moines et des nonnes.

 

l'abhidharma, élaboration de la doctrine. L'«Abhidharma» (Doctrine suprême) postérieur aux deux premières sections, contient la philosophie et la psychologie bouddhiques, présentées de manière systématique et accompagnées d'importants commentaires.

 

 

Au II° concile de Vaísali (vers 370 av. J.-C.) commença à se manifester, contre les «Anciens » (Therâ), un courant qui voulait rendre plus accessible la condition de saint (arrhât) et qui prit par la suite une importance croissante.

 

Les missions de l'empereur Ashoka

 

Ayant adhéré au bouddhisme, Ashoka (264 - 226 av. J.-C.), dont l'empire s'étendait du plateau iranien au nord du Dekkan, voulut inaugurer le «gouvernement du Dharma » en améliorant les conditions de vie de ses sujets et en faisant régner la non-violence. Il réunit un concile à Pataliputra, où fut décidé l'envoi de missions: au sud, vers la Birmanie, au nord, vers l'Himalaya, à l'ouest, vers l'Iran, l'Asie centrale et le « pays des Grecs» (Sogdiane et Bactriane).

 

La plus importante de ces missions, dirigée par le fils d'Ashoka, le moine Mahinda, débarqua au Sri Lanka vers 250 av. J.-C. Peu après, la sœur de Mahinda y apporta une bouture de l'Arbre de la Bodhi sous lequel Sâkyamuni avait atteint l'Éveil à Bodh-gayâ. Encore vivant, ce Ficus religiosa est l'objet d'une grande vénération. Le roi de Sri Lanka converti fit élever dans sa capitale, Anurâdhapura, un grand monastère, le Mahâvihâra, centre du Theravada, d'où le bouddhisme se répandit jusqu'en Asie du sud-est.

 

Au II° siècle av. J.-C, sous le roi Kanishka, un nouvel élan missionnaire implanta le bouddhisme au Cachemire et au Turkestan, dans les oasis du Tarim, sur Ie trajet de la route de la soie. Là, furent fondé d'importants monastères, foyers de diffusion d'une civilisation bouddhiste poly ethnique, qui ne disparut qu'au  XI°siècle de notre ère.

 

L'école des Anciens, ou « Theravada »

 

Le Theravada appartient à l'une des deux branches du bouddhisme, qui commencèrent se distinguer dès le IV° siècle av. J.-C., mais ne se séparèrent qu'au siècle de notre ère : L’Hinayana, ou « Petit Véhicule », et le Mahayana ou « Grand Véhicule ».

 

Hinayana et Theravada se sont pratiquement confondus. L'école de Anciens se prétend seule détentrice fidèle des enseignements du Bouddha. Pour elle, Ia Délivrance ne saurait être obtenue qu'en menant une vie monastique et en observant des règles très strictes de moralité. Comme d'ailleurs le Mahayana, le Hinayana insiste particulièrement sur le caractère illusoire du moi qui n'est que l'agrégat provisoire des 5 skanda. De râpa, la forme en tant qu'existence séparée, naissent les sensations (vedanâ), qui devenues actives, perceptions (samjnâ), déterminent les conceptions (samskâra); enfin apparaît la conscience (vijnâna), qui, au lieu de percevoir la réalité telle qu'elle est, projette, comme un écran entre elle et l'objet, sa propre image. Le processus de libération, qui aboutira à la cessation de la douleur est nécessairement long et complexe; il passe par des techniques subtiles d'entraînement psychique et d'introspection (vipassanâ) ainsi que par une discipline morale qui permettent d'atteindre l'état d'arrhât, lequel, « ayant épuisé le flux impur, fait ce qu'il avait à faire et ayant déposé son fardeau», parvient à l'extinction définitive et complète, le nirvâna.

 

Le bouddhisme du Sud

 

Le Hinayana ou Theravada se diffusa principalement dans le sud-est de l'Asie. Au Sri Lanka, il est demeuré très puissant jusqu'à nos jours. Peut-être introduit en Birmanie du temps d'Ashoka, il y fut réformé à plusieurs reprises, la suprématie du bouddhisme cinghalais étant reconnue. Aujourd'hui encore, la Birmanie est considérée comme une citadelle du bouddhisme.

 

La Thaïlande, quant à elle, connaissait depuis longtemps déjà le bouddhisme, quand, au XIV° siècle, l'un de ses rois le fit réformer par des moines venus de Sri Lanka. Ce furent, en revanche, des moines thaïs qui, au XVIII° siècle, réformèrent à leur tour le bouddhisme cinghalais tombé en décadence.

 

Au Laos, le bouddhisme, introduit avant le VII°siècle fut rénové par des moines venus de Thaïlande.

 

Au Cambodge enfin, le bouddhisme connut son âge d'or aux XI° et XIII° siècles, comme en témoignent les magnifiques temples d'Angkor.

 

Le bouddhisme avait aussi pénétré en Malaisie et jusque dans la lointaine Indonésie, où au IX° siècle, fut édifié le plus grand de tous les monuments bouddhistes, le stupa (structure pyramidale dans laquelle sont enfermées des reliques) de Borobudur dans l'île de java.

 

L’expansion bouddhiste vers le Nord.

 

Plus tardive, la diffusion du bouddhisme dans les pays situés au nord de l'Inde se fit sous la forme du Mahayana. De Chine, le bouddhisme émigra en Corée au IV° siècle et, de là, gagna le Japon au VI° siècle. S'il ne parvint au Tibet, depuis l'Inde, qu'aux VII°- VIII°siècles, il y deviendra la religion de tout un peuple.

 

A la fois combattu et imité par les restaurateurs de l'hindouisme, Shankara, aux VIII°- IX° siècles et Râmânuja, aux XI° - XII°siècles, le bouddhisme disparut pratiquement de l'Inde avec les invasions musulmanes du XII°siècle.

 

Par lobsang sonam - Publié dans : Histoire du bouddhisme - Communauté : bouddhisme tibetain
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